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Leisure & art: women automatistes (Les Femmes végétales)

(Added 30 October 2007)

Françoise Sullivan et Jeanne Renaud, vers 1944. Photo : A. Renaud.(taken from Patricia Smart’s Les femmes du Refus global, 1998. p 67.)

« Aucune des lettres écrit de New York par Louise Renaud aux différents membre du groupe automatiste n’a été conservée, ce qui constitue une perte irréparable pour quiconque voudrait mieux connaître le parallélisme étonnant entre l’automatisme et le mouvement new-yorkais. Nous savons tout de même qu’elle a apporté un jour à Saint-Hilaire les derniers numéros de VVV, des livres surréalistes et des films de Maya Deren, et que, sous sa direction, les membres du groupe ont tenté d’écrire et de monter une pièce d’avant-garde, Les Femmes végétales. Thérèse Renaud en évoque le souvenir dans un article de 1971 :

Un moment, nous avons entrepris de monter une pièce de théâtre sous la direction de ma sœur Louise qui avait fréquenté les surréalistes à New York l’hiver précédent. Elle avait des idées que nous n’arrivions pas à matérialiser. Nous devions improviser des dialogues, susciter des événements au gré de notre fantaisie et, dans des décors fantastiques, nous rêvions de bouleverser les normes théâtrales! Hélas, ‘Les Femmes végétales’ ne dépassèrent pas le cap de nos ambitions, un peu à cause de Fernand Leduc qui perturbait notre concentration par une gamme illimitée de bruits incongrus (…) Nous étions pris d’un tel fou rire que nous devions remettre au lendemain le travail commencé.

Les étés à Saint-Hilaire marquent un temps de liberté glorieuse, consacré à l’art et à des discussions passionnées sur la nécessité de transformer le monde. Liberté que rendait par moments douce-amère, toutefois, la réaction des gens du milieu rural, scandalisés par leur vie de bohème. Thérèse Renaud raconte :

Le curé du village disait en parlant de nous : « Ces jeunes qui vivent comme des bêtes! » Pourtant, ce que nous étions sages et un tantinet puritains! Les filles dormaient au premier étage, les garçons au rez-de-chaussée; nous ne buvions pas d,alcool, ne fumions pas de marijuana et, autour d’un feu de foyer le soir, nous remettions tout en question : nos rapports avec la société, avec l’art, avec l’homme.» – Patricia Smart, Les femmes du Refus global, Éditions du Boréal, 1998. p 66-68.

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